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vendredi 1 mai 2026

Rose Torrente ... Témoignage couture

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Quel est le point commun entre la chanteuse Dalida, les actrices Marlène Dietrich, Claudia Cardinale ou Brigitte Bardot, la première femme a être Première Ministre de France, Edith Cresson, ou la femme d’un ancien Président de la République, Danielle Mitterrand…

Une autre femme : Rose Torrente Mett.

Si la Reine Marie-Antoinette eut pour couturière Rose Bertin, ces femmes célèbres eurent aussi leur Rose.

Un joli prénom pour une vie qui ne le fut pas toujours. Et pour cause, nombreuses furent les épines parsemant l’existence de la petite Rosette.

Car bien avant Rose, il eut Rosette et avant la consécration semée d’embûches, une petit fille comme le découvrira le lecteur à l’enfance douloureuse.

La grande couturière Rose Torrente invite le lecteur à découvrir sa vie. Et quelle vie !

Son enfance est marquée par la solitude et la séparation avec les siens en raison de la maladie. À cela s’ajoute la guerre, la perte, l’exode… Et pourtant, envers et contre tout, ce que beaucoup nommeraient la résilience, la jeune Rose fera de ses blessures originelles, une force. Au nom du père, Robert Lapidus, arrêté lors d’une rafle, envoyé à Drancy puis déporté à Auschwitz, des siens et en son nom bien entendu.

À l’émotion du récit de l’enfance, le lecteur s’enthousiasmera en découvrant sa fille de jeune femme, les débuts, le sens de la fête, son apprentissage aux côtés de son frère Edmond devenu « Ted », le célèbre Ted Lapidus. Une collaboration forte, entière, où elle apprendra à ses côtés, mais aussi douloureuse, marquée par la tromperie….

Découvrir la vie de Rose Torrente, c’est aussi, et bien entendu, se plonger dans l’histoire de la mode. De ses débuts en proposant des tenues sur-mesure avec des tissus de qualité dans une haute boutique, à la création de sa propre maison dont le nom a des sonorités italiennes : Torrente. Le succès, oui, mais aussi les épreuves. La consécration dans le monde et les peaux de bananes en France jetées par ses éminents collègues. À la chambre syndicale de la haute couture, elle est seule face à vingt-six hommes. Des messieurs qui tentèrent de l’écarter, considérant être les plus à même de créer pour les femmes. Sans parler de la presse de mode qui ne la ménagea pas …

Rose Torrente porta fièrement les couleurs de la Haute-Couture et, tout au long du livre, souligne l’importance des artisans, des « petites mains », des premières d’atelier, qui sont essentiels à son rayonnement unique dans le monde. Car la Haute-Couture, on ne le répétera jamais assez, est un savoir-faire précieux, unique. Cette richesse, Rose Torrente en connaît la préciosité et c’est la raison pour laquelle veilla à la transmission des savoirs en étant l’instigatrice de l'Institut français de la mode.

En 2004, Madame Torrente tire sa révérence. La maison est cédée à un groupe étranger avant qu’elle ne dépose le bilan en 2021.

Que reste-t-il de la maison Torrente ? Un léger souvenir pour certains ? L’oubli lorsque ce n’est pas l’ignorance pour d’autres ? Rose Torrente se désole à juste titre de cela et en déplore ce fait.

En parcourant il y a peu des livres de mode, étonnant (pour ne pas dire sidérant) de ne pas la voir référencée alors que nous avons la chance qu’elle soit là. Bien là !

Un oubli incompréhensible et raison pour laquelle il était nécessaire, logique, normal, d’évoquer l’ouvrage de Madame Torrente - Mett : Haute-couture. Mon siècle de mode ! (Fayard, 20,90€).

Un livre salvateur, riche d’enseignements, sur la vie, l’existence, le fait de croire encore et toujours en soi. Ne pas seulement rêver mais aussi porter envers et contre tout son projet de vie.



(c) Pierre Sinanian/Mi.ian Galery. Mai 26

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