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mercredi 5 juillet 2023

Franck Sorbier, roi des caftans...

FASHION

Caftan…
Caftans…

Maître Sorbier, en un lieu prestigieux, a décidé en cette journée du 4 juillet 2023, de nous conter le caftan.

Sur le pavé ou en étage(s), c’est un voyage aux carrefours de l’art, de l’histoire, des symboles.

(c) Pierre Sinanian

Et quel voyage !

Bien avant de pénétrer au sein du Musée national Jean-Jacques Henner, une découverte, des danseurs s’emparent de la chaussée.

Déambulant au milieu des invités, ils introduisent (donc) le thème de la collection… Un jeune homme tout de noir vêtu dans une superbe création, de jeunes demoiselles aux caftans colorés, un artiste en pleine création, un jeune écuyer à la tenue flamboyante monté sur l’emblématique cheval Minos… Nous sommes bel et bien chez Franck Sorbier, créatif rassembleur des arts… Tous les Arts !

(c) Pierre Sinanian

Au sein du musée, sur quatre étages, les modèles attendent les invités.

Non pas d'une manière statique mais portés, s'animant par les mouvements des danseurs.

L’image est d’autant plus forte qu’elle intensifie la contradiction entre un lieu sobre, calme, le musée où les œuvres sont posées, et ces œuvres vivantes qui interagissent dans leur environnement.

Si à l’extérieur, la musique est rythmée, dynamique, au rez-de-chaussée du musée, c’est Jean-François Zygel au piano qui mène la danse tandis qu’au dernier étage, c’est un duo de violonistes.

(c) Pierre Sinanian

Quels sont donc les caftans de Maître Sorbier ?

Ils sont, pour chacun, une source d’étonnement, de curiosité … Chacun avec sa particularité, son histoire, son hommage, son style.

Un attrait unique qui invite le contemplateur à une intime interprétation.

De son côté, fébrilement, le maître de couture se tient en retrait, épiant la moindre réaction, scrutant les contemplateurs.

Comme tous créateurs, il s’efface derrière ses créations, laissant à présent à ces dernières le soin de vivre.

On ne mesure jamais assez l’entièreté de l’acte créatif, cet absolu qui pousse jusqu’au dernier retranchement.

Sommes-nous satisfaits de ce que nous créons ? Difficilement tant l’absolu est indéfinissable…

Il n’en reste pas moins que cette collection est non seulement une déclaration d’amour à son art et, plus encore, à tous les arts.

Tout comme l’histoire du caftan est riche de rebondissements, les caftans Sorbier en racontent l’un après l’autre une autre. Pourquoi cette couleur ? Pourquoi ce motif ? Cette forme ?

En regardant ces derniers et leurs motifs, on part dans une quête presque sémiologique. Celle-là même qui nous fait comprendre le sens d’une illustration.

L’art invite à réfléchir et pas seulement à contempler. Dépasser le stade de la vision pour se questionner sur l’acte créateur.

Franck Sorbier pousse sa couture à l’investigation, à la compréhension de l’acte créatif, plus encore à la recherche de son sens profond.

Le couturier a pour cette collection, une marraine de coeur en la figure de Yoyo Maeght. Une personnalité solaire, lumineuse, enjouée, passionnée, qui lors d’un rapide échange s’est enthousiasmée par cette collection, la présentation, l’idée…

On repart après ce plongeon historique, artistique, ému. Une collection résolument à part et qui, par sa singularité, vibre en chacun de nous.

Plus que jamais, le poète couturier écrit une page de la haute couture insolite, unique, atypique… Plus encore, assurément précieuse.

(c) Pierre Sinanian/Mi.ian Galery. Juil 23

Tags : Franck Sorbier, Musée Jean-Jacques Henner, Caftans, Yoyo Maeght

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