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mardi 19 septembre 2023

Bordeline décapant ...

On sort ce soir... Théâtre !

Une fois que l’on commence, on ne sait jamais quand et comment cela se termine…

Difficile, en effet, de savoir quand cette passionnante, et parfois mouvementée, relation avec son psy s’arrêtera.

Les pragmatiques n’auront aucun mal à clamer, haut et fort, qu’il suffit tout simplement de ne plus y retourner. Clôturant ainsi ce volet introspectif de manière abrupte…

Mieux, de pousser à dire « non !», « c’est bon, on arrête ! », « stop ! » … Argumentant, pince-sans-rire, que cet entretien en tête-à-tête, chronométré à une demi-heure ou moins, d’une valeur de 100€, aura été utile (au moins) à quelque chose…

La réalité est toute autre, la séparation pas si simple… Au fil du temps, au gré de la météo mentale et ses montagnes vertigineuses, se noue une relation particulière entre celui qui est en souffrance et celui/celle qui endosse le rôle de prescripteur en soin.

Pourtant, dans la nouvelle pièce de Flavia Coste, le pauvre patient (brillamment interprété par Philippe Lelièvre) en est sûr, même convaincu, le grand jour est arrivé ! Lequel ? Celui de la fin de son analyse pardi !

Sans être médecin, il le sait, il le sent, il va mieux, beaucoup mieux.

Du côté du psy (joué par le sympathique Daniel Russo), le ressenti est une chose, il n’atteste en rien, mais vraiment en rien, de ce qui s'apparente à une vérité.

Et c’est ce qu’il va tenter de démontrer à un patient envahisseur à souhait, complexe, attachant, et assurément dérangé.

La psyché est fragile, le bon docteur en sait quelque chose… Au point de ne pas être à l’abri de flancher.

L’un et l’autre vont se tester, se mesurer, s’épauler, se confronter… Qui en sortira gagnant ?

Borderline à tous les niveaux !


Il n’est jamais facile de parler de la psychiatrie. Déjà le sujet, difficile, douloureux, induit qu'il faille l’évoquer avec sérieux.

Sérieux, docteur ?!

Cela tombe bien Flavia Coste (à qui nous devons « Non à l’argent ! » et « Alors on s’aime ») ne l’est pas. Docteur, j'entends ... 

Avec talent, elle aborde le sujet avec humour. Question de dédramatiser une situation qui, dans la pièce, est pour la moins explosive.

Daniel Russo, de son côté, assume (et assure) deux casquettes, celle de comédien d’un côté, de metteur en scène de l’autre. Apportant ainsi à un texte bien ficelé, une mise en scène dynamique.

Déjà mentionné, mais toujours agréable de le redire, Philippe Lelièvre en patient allumé, névrosé et autres qualificatifs en « é », joue à la perfection ce personnage bipolaire.

Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, du moins selon l'adage populaire, il est agréable de se dire qu’il y a plus Bordeline que soit… Et, à l’écoute des rires dans la salle, puis des applaudissements (4 rappels, s’il vous plaît !) soutenus, nombreux sont celles et ceux à s’être (probablement) réjouis de n’être ni dans la situation de Philippe Lelièvre et encore moins celle de Daniel Russo


Bordeline
Une pièce de Flavia Coste
Mise en scène Daniel Russo
Avec Philippe Lelièvre et Daniel Russo.
Du 7 septembre et jusqu’au 31 décembre au Théâtre de Passy

(c) Pierre Sinanian/Mi.ian Galery. Sept 23

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