Autobiographie
C’est l’histoire d’un papillon…
Un joli papillon qui resplendit le jour et illumine la nuit.
Comme tous les papillons, cela passe par une mue…
Et de la nymphose (mue de la chenille qui se transforme en chrysalide) à l’émergence (mue de la chrysalide en papillon), une transformation.
Que l’on se rassure, il ne va pas s’agir dans cette chronique d’un cours de zoologie ….
Retenons, toutefois, un terme qui à lui seul s’applique à l’héroïne de cette chronique, l’émergence.
Car pour Galia Salimo, il s’agit bien d’émergence.
Cette émergence qui, le 3 novembre 1980, lui redonne sa nature profonde, celle de devenir femme alors qu'elle était née de l'autre côté de la rive.
Et, entre son premier jour sur terre et son premier jour de renaissance, des années de construction, d’affirmation de soi.
Galia Salimo raconte dans son livre l’itinéraire de celle qui allait devenir une reine des nuits parisiennes.
Ce qui est saisissant chez Galia, c’est cette volonté coûte que coûte d’être et revendiquer son être.
De ne rien cacher, ni nier, être tout en transparence non seulement auprès des autres et plus encore auprès d’elle-même. Facile ? Loin de là. Et pourtant...
Son histoire est digne d’un conte… Un conte qui commence dans la difficulté puis, à force de persuasion, se transforme en un rêve. Un rêve sublimé puis construit avec une volonté farouche.
Cela débute à Marseille et se prolonge à Paris, en attendant le monde entier.
Marseille a beau être une ville de soleil, c’est de bien d'autres soleils dont à besoin Galia. Le soleil des feux de la rampe, le soleil de ceux qui l’admireront, tout comme ceux qui la désireront car Galia saura se faire désirer, le soleil, enfin, qui fera rayonner sa vie.
Le vilain petit canard s'est transformé en oiseau du paradis.
Et plus encore qu’un oiseau, un phénix qui renaît de ses cendres.
Ce voyage, sur les pas de Galia Salimo, est une découverte de la nuit, de ses créatures, des personnages qui construisirent des temples pour nocturnes, mais aussi de ces êtres entre-deux qui restent tels qu'ils sont ou font le grand saut. On y croise les figures légendaires de Coccinelle ou Bambi, et d'autres moins connues mais toutes aussi intéressantes au niveau du symbole.
Akiko, « geisha brésilienne … La seule de la nouvelle génération à être passée dans les mains libératrices d’un chirurgien anglais » ou Carlotta : « Elle était pour moi l’archétype de l’Australienne : grande, luxuriante chevelure blonde, larges yeux bleus, sourire Colgate, corps longiligne et sportive… Carlotta bénéficiait d’une certaine notoriété et passait régulièrement à la télévision. Reconnue dans les allées du drugstore, elle signait avec grâce quelques autographes. Nous avions fini nos achats quand, prise d’une envie pressante, je lui demandai de m’indiquer où se trouvait les toilettes. Elle m’accompagna jusqu’aux WC pour hommes. Devant mon incrédulité, elle m’expliqua que nous n’avions pas le droit d’aller chez les femmes. Pour moi, cela était inconcevable. La plantant là, je m’engouffrai chez les dames. Lorsque je l’a rejoignis, je lui affirmai que personne ne pourrait imaginer qu’elle ou moi puissions ne pas appartenir au sexe faible. Avec un sourire gêné, elle le confia que c’était la règle et qu’étant connue, elle ne pouvait la transgresser. Je lui répliquai que, parce que elle était connue, Elle pouvait faire tomber cet usage stupide. Il fallait qu’elle se serve de sa visibilité dans les médias pour faire évoluer les mentalités. Elle me jeta un regard perdu et se précipita dans les toilettes pour dames. En ressortant, elle m’embrassa, me promettant de ne plus jamais faire autrement. »
L'image est forte... Souligne la nécessité d’assumer et s’assumer, coûte que coûte, vaille qui vaille : « D’autres victoires, d’autres échecs allaient jalonner ce sentier de vie que tu avais choisi d’emprunter, refusant de prendre les routes balisées, surtout dans les chaussures d’une autre. »
Recueil personnel, témoignage salutaire, Galia délivre un message lumineux, rempli de force et de courage.
« PS : Toi qui adores les citations, en voici une qui t’emmènera vers de nouveaux horizons : on ne sait jamais ce que le passé nous réserve » Françoise Sagan.
Galia qui aime, donc, les citations, aurait pu aussi reprendre celle-ci …
Celle qui, grâce à elle me fit connaître il y a plusieurs années maintenant Sénèque et elle par la même occasion… Une citation interceptée dans une émission dont je ne retins ni le nom, ni celui des autres personnes et pour cause on ne voyait que Galia : « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas. C’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. »
Une pensée à méditer et que Galia a pu mettre à profit, bravant les obstacles pour retrouver ce qu'elle était, une femme.
Quelque chose en moins... ou en plus
Galia Salimo
Robert Laffont
19€
(c) Pierre Sinanian/Mi.ian Galery. juil 22
Tags : Galia Salimo

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