Autobiographie
Elsa…
Elsa Schiaparelli.
Un défilé chic et choc de Daniel Roseberry, une exposition au Musée des arts décoratifs de Paris et un livre écrit par cette dernière... Plus exactement son autobiographie intitulée « Shocking ». Un livre écrit en 1954 et qui réapparait aujourd'hui chez Denoël.
Elsa Schiaparelli est partout et c’est tant mieux ! Tant mieux car cette couturière atypique, proche des surréalistes, personnage fantasque, rivale à jamais de Coco Chanel, est fascinante.
Une couturière à contre courant qui a aujourd’hui les honneurs qui lui sont dus.
Mais que dit cette dernière dans son livre ?
Tout !
En préface, il y en a deux, la seconde est écrite par Elsa Schiaparelli elle-même, la pétulante Sophie Fontanel clame au sujet de Schiaparelli : « je l’aime »!.
Et à la lecture de ce livre, on peut (la) comprendre.
Quelle personnalité ! On le savait, mais on la découvre plus encore dans cet ouvrage qui ne manque ni de souffle ni d’esprit.
Déjà, il ne faut pas s’étonner de la voir se nommer Schiap et parler d’elle à la troisième personne.
Une personnalité libre, affranchie, moderne, et franche.
Elle ne ménage personne et encore moins sa personne.
« Enfant, Schiap était difficile. Cela n’a pas changé. Mais comme on lui répétait sans cesse qu’elle était laide et sa sœur jolie, elle finit par le croire et chercha les moyens de se rendre belle ». Le passage qui suit est à lui seul tout un programme…
Ce qui rend aussi Schiaparelli irrésistible, c’est son humour, sa férocité.
Il suffit pour cela d’évoquer un diner, elle est enfant, où elle se cache sous la table et libère des puces…
Espiègle au point d’écrire, durant ses années de pensionnat, un recueil de poésie érotique, Elsa ose et osera tout.
Qu’importe l’étiquette tant que l’on a la liberté de penser et d’être.
Inclassable, on la voit se lancer dans la mode alors que : « Schiap ne connaissait absolument rien à la couture. Son ignorance en la matière était totale ; c’est pourquoi son courage était absolu et aveugle. Que risquait-elle ? Elle n’avait pas de capital, pas de patron, elle n’avait de comptes à rendre à personne. Sa liberté lui appartenait. »
Puisqu’elle est libre, elle s’affranchît de tout, divorce, s’installe à Paris avec sa fille à l’âge de 32 ans.
Ses rencontres, à travers le monde, sont multiples. Elle devient l’amie d’artistes et lance une mode pour la moins extravagante, bien loin de la classique Chanel.
Si Chanel est peu évoquée, la créatrice mentionne une grande figure de la couture, Paul Poiret, à qui elle voue une grande admiration.
Par la suite, ses créations inclassables enthousiasmeront de nombreuses personnalités. Belle leçon pour Schiap qui ne connaissait donc rien à la mode et qui réalisa sa première pièce, un sweater, avec l’aide d’une paysanne arménienne qui savait tricoter … « Bien des gens ont écrit que j’avais débuté en tricotant assise devant ma fenêtre, à Montmartre. En réalité, je connaissais à peine Montmartre et je n’ai jamais su tricoter. L’art de tenir et de heurter ces deux petites aiguilles de métal et d’arriver à ce qu’elles produisent quelque chose m’a toujours semblé un mystère et le demeure encore à présent. »
Celle qui lancera le rose « So shocking » quittera l’univers de la mode en1954. La guerre mettant un coup d'arrêt à ses activités.
Cette autobiographie, truffée d’anecdotes, nous plonge dans le temps, évoque une époque où tout était possible et, plus encore, d'aller à la rencontre d’une femme assurément fascinante : Elsa Schiaparelli.
Shocking ?! Iconique, plutôt !
Shocking
Elsa Schiaparelli
Préface de Sophie Fontanel
Denoël
22€
(c) Pierre Sinanian/Mi.ian Galery. juil 22

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire